4 juin – 27 juin 2026
dans l’espace Bullu’lab du centre d’art
L’exposition est réalisée dans le cadre d’un partenariat entre
la Fondation Bullukian et l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Lyon.
Laetitia Isaac développe une pratique nourrie par des expériences à la fois intimes et collectives, qu’elle cherche à rendre perceptibles dans l’espace. Ses œuvres prennent forme dans un contexte marqué par les ambivalences de notre époque. Elle révèle ainsi des situations où peuvent coexister des émotions contradictoires.
Depuis plusieurs années, la figure de l’oiseau occupe une place importante dans les sculptures et installations de Laetitia Isaac.
Longtemps associée à des imaginaires de liberté et d’élévation, elle apparaît ici dans une dimension plus fragile et grave. Dans l’espace d’exposition, plusieurs oiseaux en papier d’aluminium gisent au sol, dans une immobilité troublante. L’artiste s’intéresse ici aux merles et aux martinets, parmi les oiseaux les plus communs des villes. Le merle, reconnaissable à son chant, accompagne discrètement la vie urbaine, tandis que les martinets sillonnent le ciel en groupe, dans un mouvement quasi continu. La présence de ces oiseaux instaure une proximité avec le vivant que l’on côtoie chaque jour sans toujours y prêter attention.
L’exposition prend ainsi comme point de départ les effets des feux d’artifice sur les oiseaux. Les détonations provoquent chez de nombreuses espèces des désorientations, des collisions ou des traumatismes sonores parfois mortels. Pourtant, ces explosions lumineuses demeurent des moments de fascination collective profondément ancrés dans nos imaginaires festifs. La conscience de leurs effets n’efface pas l’attachement que continuent de susciter ces spectacles. Des parois recomposées à partir de bois récupéré viennent redessiner l’espace et ménager des recoins plus intimes. Elles accueillent une série de dessins réalisés au pastel sec ou au feutre sur des feuilles de carnet de brouillon. La matière poudreuse du pastel évoque autant la fumée que la lumière laissée après les détonations, tandis que certaines lignes effacées à la gomme rappellent les trajectoires lumineuses dans le ciel nocturne. La moquette qui recouvre le sol modifie discrètement la perception du lieu. Les déplacements deviennent plus feutrés, les sons légèrement absorbés. Cette présence textile introduit une sensation d’atténuation, évoquant en creux le silence laissé après une détonation.
Les feux d’artifice, les oiseaux au sol et les transformations apportées à l’espace composent progressivement une atmosphère retenue, comme si quelque chose venait tout juste d’avoir lieu. L’installation garde la trace de ce qui subsiste après la détonation : un silence revenu après le vacarme. Laetitia Isaac interroge autant notre rapport au vivant que les contradictions sensibles avec lesquelles nous composons quotidiennement. Les œuvres laissent alors transparaître ces tensions sans chercher à les résoudre, ni à les apaiser.
Émilie d’Ornano,
Commissaire de l’exposition
INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition présentée dans l’espace Bullu’lab du 4 au 27 juin 2026.
Entrée gratuite,
du mardi au samedi de 11h à 18h.
L’artiste et la commissaire vous proposent une visite guidée le mercredi 17 juin à 12h30.
Gratuit, sans réservation.